youpi

TiRrOiRs d'AbSuRdisTaN

Lundi 11 novembre 2013 à 13:48

 Ce fut une époque sombre. Ou plutôt post-sombre. Le père de la soeur de coeur de Fafreluche, quelques jours après un Noyeux festin de Joël en famille, a voulu faire l'amour à sa femme. Celle-ci fort éprouvée, refusa. C'est alors que contre toute attente, le père de la soeur de coeur de Fafreluche avoua que coups de quequette il donnait à une autre que sa femme depuis... Il venait de perdre sa maman, elle-même perdue bien avant sa mort dans le bien connu trouble de perte de mémoire presque totale. Ce père de famille semblait aspiré dans l'accomplissement d'une seconde enfance. 

La mort provoque coups de quequette.

Plus tard, la mère de Fafreluche perdit son père. Alors que Fafreluche venait visiter Mère en deuil. Celle-ci dit à Fille qui arrivait de l'autre bout de l'Europe après quelques mois d'absence: "J'aurais préféré ne pas te voir". 

La mort provoque crachats de lama.

Un jour Fafreluche vit son amour partir. Entre gré et force, rejoindre son île africaine. Alors Fafreluche s'est trouvée dans l'attente. Elle attendait ce coup de fil où on lui annoncerait: " S. s'est fait arrêter par la police, S. a été renvoyé en Anjouan". Alors Fafreluche, saurait que S. embarquerait sur un kwassakwassa à travers l'Océan indien afin de rejoindre les bidonvilles de Mamoudzou. Seulement Fafreluche est allée à la piscine une fois avec S. et Fafreluche a vu que S. ne sait pas nager. 
Fafreluche a pensé que ce jour-là, elle ne voudrait pas se donner la mort. Mais qu'elle redeviendrait bien une enfant. Non, elle reviendrait même avant, dans un ventre chaud d'où on ne voit encore rien du monde. Ou même encore avant, avant de pomper au cordon, avant tout cela. Au stade où elle n'était même pas encore idée de quelconques géniteurs. 

La mort provoque regrets d'avant-le-cordon.

Dimanche 10 novembre 2013 à 20:56

Au pays de la tradition du bal, Fafreluche s'en est allée pour la première fois au bal. Elle s'était procurée robe, chaussures à talon, et un petit attirail d'ustensiles appropriés. A l'heure convenue, elle s'est rendue à l'endroit convenu au bras d'un cavalier convenu. 
Elle a dansé, bu, mangé, bu et dansé. A minuit, Fafreluche, cavalier and cie sortirent sous la neige attendre le carosse-taxi. Fafreluche était épuisée et excitée de cette soirée en tout et pour tout très autrichienne. Elle s'engagea dans un dialogue de sourd avec la taxi-woman roumaine. 
le trajet fut rapide. 
Arrivée à sa porte, Fafreluche se rendit compte qu'elle avait perdu... SA ROBE!



Dimanche 10 novembre 2013 à 20:18

Cet article est protégé par mot de passe :  

Dimanche 10 novembre 2013 à 17:48

 « Il a toqué à ma pendule. Hum, peut-être il y a maintenant six ans ou plus, je ne sais plus vraiment. Il est entré dans ma chambre par la fenêtre comme à son habitude. L'air penaud, les yeux presque rieurs d'efficacité. Il était là et tout était en marche. C'était la première fois.

Il n'a rien dit. Je n'ai rien dit. Nous savions. Sans savoir. Tout était en marche.

C'était pour l'oncle. Il est parti, un pied pourri, grimper les racines. Quelle idée.. nos yeux se disaient. Il ne verra jamais le pissenlit, lui ! Ah, non, seulement la pelle. Et le petit prince s'est assis au coin du lit. Son écharpe verte, flottante sans vent. Il sentait la rose des marécages. Il avait ce parfum impossible de l'échappée souhaitée et condamnée. Ses mèches bouclées, belles et si revêches. Il fixait, entre tendresse et devoir. Au delà de mon front.

Je me souviens de lui comme si c'était maintenant. De ce baluchon tout à coup lourd comme le plomb. A gravir. Une sierra sans fin, une butte solaire d'un dieu. Et lui, dans ses yeux, on savait qu'il n'avait pas de dieu. Il donne envie de larmer jaune, le petit prince. Si près de ton souffle, il t'écoute. Il est là tout le temps. Il happe dans la mémoire des terres tous tes souffles. En messager des boues. J'ai hoqueté. L'oncle, au pied inerte depuis 10 jours, j'ai hoqueté. Alors le petit prince s'est arrêté et il a lâché le baluchon. Le ciel devait être sanglant de sa fin ou noir d'absence, ou d'un pâle de renaissance. Dans ses yeux, c'est tout ça à la fois. Un arc-en-ciel confondu : la tu-meurs de la boue ! Il a souri de ses lèvres basses et vers sa pelle ses mains sont allées. Des mains d'hommes sur ce corps adolescent. Calleuses et sèches d'avoir trop pratiqué terre, pierre et rêve. Et il a accompli cet enfoncement de ferraille dans le sol, sa levée qui éjecte sa prise. Il a remué. Jusqu'au trou. Des heures, des minutes, des jour, des secondes, des mois.. accordé au sablier-tien. Et comme à chaque fois il a jeté la pelle, les mains rouges de sang. Les yeux hagards et violacés il a déversé le baluchon. Dans le trou. Et il s'est écroulé sur la pierre des hauteurs. Bras et jambes abandonnés, de dos, face à l'infini. En étoile de mer. Séchée sur terre.

Pour pêcher, il faut une canne, un ver -et pas n'importe lequel!- un bon hameçon, une berge, de l'eau avec du poisson -vaut mieux!- et attendre. Il crame un bout de fil de pêche avec son mégot. Son vieux mégot de roulé qu'il traîne dans sa bouche depuis le matin. Le fil crame pas, il sort le mégot. Ah, cela aussi fait partie du matériel ! Le mégot ! Un trou dans sa bouche, la lèvre est inclinée en mini-demie-lune. Où il remet le mégot. Cette bouche où le mégot habite en tout droit désormais. Puis il ouvre sa bouteille en plastique de rosée. Pose sa canne. Et s'assoie plus loin, dans l'herbe grasse d'ombre. Sa femme, déjà hagarde. Le regard sournois, méchant. Enfin, on lui laisse pas le temps, on court et on joue de rien avec le petit frère. Lui qui a les yeux si rieurs. Une innocence incarnée, auquel on volerait une proximité du monde. Ces yeux plissés d'amusement, ce bonheur à contempler. On joue, sur la berge. Esquivant de la vue le rosé dans le plastique-volvic, le mégot si bien à sa place, ces corps meurtris. C'est 11h.

L'histoire nous dira qu'ils ont abandonné. Voilà leur mort lente. Leur nage coulante dans les marres de plastiques rosées. Au soleil, au bord de leur terne ravière liquide, leur ivre sans paix. Ils roupillaient à la quête de la tombe-oublie. Desséchés et suintants. Cent années, sans jour, sans moi.

C'est 11h. Rien ne mort à l'hameçon ; et ça ne mordra que tard. Quelques années suffiront. Le petit prince arrachera ces plaies et les balancera du bout du baluchon. Sans retrouvailles, sans lien, seuls. Le petit prince est à son œuvre, baluchon et gravier gravi. Il met dans les trous frais de sa pelle. Et les mèches folles et mortelles il repart, tout contre le souffle diminué du monde.

Et s’éclipse. Un appel de terre froid sous les pieds.

Je l'ai cherché. Porté disparu. Mais comme tout disparu, il n'est pas réapparu.

Seulement il y a quelques mois. C'était le 31 mars.

Sur ma fenêtre. » Fafreluche

Vendredi 8 novembre 2013 à 20:37

 

C'était la nuit. Début novembre. Dans un quartier pas très bien famé, aux alentours d'une gare. Fafreluche décide de sortir de l'appart'. Fafreluche a besoin d'air. D'alcool surtout. Elle tâte les pièces dans sa poche. Deux bières à 0,80 euros. La voilà dans la rue, la clope au bec, se ramenant devant l'arabe du coin, qui est italien. Pas question de jeter une clope pas finie, donc elle s'adosse au mur de la ruelle en face de l'arabe, ou plutôt de l'italien afin de têter sa roulée jusqu'aux doigts. Elle pivote la tête à droite, et ses yeux tombent dans le potentiel lumineux.... de deux gyrophares.

Elle se raidit. A gauche : rien. A droite : rien. Elle jette son mégot. Passe côté route en frôlant la caisse au gros lot. Toujours personne. Elle empoigne un premier gyro. Les aimants sont puissants, elle est surprise, les deux sont reliés, elle arrache le deuxième, et commence à partir. Ça tire, un fil entre par une fenêtre entr'ouverte à l'intérieur de la voiture. Elle se rapproche très vite, tire un grand coup et part en courant au bout de la ruelle. Tourne à droite. Ouf! la rue n'est pas éclairée.
L'adrénaline bat son plein. Il faut trouver une solution.. très vite, se dit-elle, je ne peux pas me promener avec des gyrophares dans la rue. Elle avance sur le qui-vive, le pas rapide. Un bruit de moteur ronfle dans son dos. Panique ! Ils vont me retrouver ! Elle accélère. Le bruit de moteur plus fort. Des poubelles, des cartons. Elle lâche les gyros dans un carton ouvert. Le moteur tout proche. Plus fort. Le véhicule s'est arrêté. Une voix au ton viril lui jette : « Qu'est-ce que tu fais ? »

Elle se sent attaquée, coupable et pleine de courage désinvolte, elle balance : « On a plus le droit de faire les poubelles ?!!! »
Il fait un noir total. Elle est redressée face au véhicule. Ça a l'air d'une camionnette.
- Tiens, crie le gars, prends si t'as besoin!
Elle entend un bruit de papier.
- Tu me prends pour une pute ? Mais sérieux ! elle crie.
- J'te connais pas et je propose de t'aider et tu gueules ?!
Fafreluche comprends la malentendu. Elle se rapproche pour essayer de deviner son visage.
- Ok, désolée, je voulais pas être agressive. 
Elle saisit le papier froissé et enchaîne:
- C'est comment votre prénom, que j'men souvienne !

Le gars répond, elle a déjà oublié. Fafreluche fourre le ticket dans sa poche, empoigne la carton et file droit. Le plus droit possible jusqu'à l'appart'.

Les six étages gobés, elle entre fière de ses victuailles. Les autres viennent autour : "des gyrophares ! Sérieux, t'as fait ça comment ?"   "Tu les sors d'où ? T'es dingue ?"   " Trop la classe" – normal, c'est des sympathisants nanards - et elle sort de sa poche le papier encore mystérieux... 50 euros !

Moral de l'histoire : Fafreluche n'a jamais pu culpabilisé d'avoir volé des gyrophares.

<< Page précédente | 1 | 2 | Page suivante >>

Créer un podcast